
L’entrepreneuriat social est une notion véhiculée depuis maintenant plus de 30 ans. Elle a d’abord concerné les initiatives à but non lucratif ayant pour but de d’agir sur un problème de société, la réinsertion par exemple. Néanmoins, lors de son développement, on remarque que de très nombreux projets, organismes ou encore formations se sont référés à l’entrepreneuriat social sans forcement répondre à une définition commune mais animés par un objectif similaire : la mission sociale. L’entrepreneuriat social est alors simplement défini comme « un mouvement affirmant une autre manière de consommer, d’épargner, de travailler, d’entreprendre »[1].
Il est pourtant difficile de parler d’entrepreneuriat social pour tous ces secteurs. De même qu’on parle de startup une fois l’acte d’entrepreneuriat accompli, pourquoi les termes startup sociale, entreprise sociale ne s’appliquent il pas avec autant de facilité ? La raison vient du fait que l’entrepreneuriat social a été développé comme une notion, comme le fait de « mettre du social » dans son activité. Les termes startup sociales, entreprises sociales sont à utiliser pour les activités à dimension pleinement sociale au sens de la définition du réseau européen EMES : si la nature de l’activité économique de l’entreprise est liée à sa mission sociale. L’entrepreneuriat recouvrira alors ces domaines mais inclura en plus certaines initiatives d’associations et d’entreprises « classiques ». A titre d’exemple Danone ne peut pas être qualifiée d’entreprise sociale mais l’initiative de la Grameen Danone avec Yunus fait pleinement partie de l’entrepreneuriat social.
Quelle est l’importance de séparer ainsi tout en laissant une notion surplombante ? Il s’agit de montrer la diversité des initiatives et surtout de souligner leur nombre conséquent. Afin de montrer les bienfaits de ces démarches et de les démocratiser il faut qu’elles soient visibles au plus grand nombre. Le social est une dimension incrémentale, c’est à dire qu’il n’y a pas de révolution mais des évolutions à faire progresser dans la société. La dimension sociale peut être soulignée dès lors qu’il y a des personnes employées dans une entreprise car on crée de l’emploi, on crée de la richesse pour les salariés. Mais cette vision n’est plus valable, chaque entreprise le fait déjà. La dimension sociale serait alors de faire plus, de rajouter de l’humain. Si aujourd’hui toutes les entreprises respectent les droits de l’homme, rémunèrent décemment, alors faire du social c’est faire plus que ca. « Mettre du social » dans son entreprise, c’est être au dessus des normes sociales de la société.
Mais attention, cette notion générale est à destination du grand public. Si nous voulons que l’entrepreneuriat social se développe, si nous voulons œuvrer pour une société plus sociale, il faut l’appui des services publics. Pour cela, il faut être capable de présenter un ensemble clair et chiffré de l’entrepreneuriat social. C’est pour ca qu’une définition sur la finalité d’une entreprise sociale et les moyens pour y parvenir doit être choisie. A partir de celle ci, on pourra chiffrer le nombre d’entreprise sociale mais surtout leur impact, le fameux « social return on investment ». Il a déjà été mesuré plusieurs fois au Royaume Unis, on compte alors le nombre de SROI. Un SROI de 4 signifie que pour 1euro investit, 4 ont été reversés à la société (au sens large : diminution des couts des prestations, augmentation des recettes fiscales, réduction des actes de vandalisme, de la consommation de drogue dans le cas de la réinsertion en milieu difficile).
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